Jesus revient
Après avoir arraché hier une dérive sur ma planche "homemade"(photo du haut, planche jaune), je me retrouvais tout penaud sur le bord, tel l'enfant privé de son jouet préféré qui rumine en regardant ses petits camarades s'éclater comme des fous sur cette fameuse gauche de l'ouest Réunionnais. Désemparé donc, et en proie à moult soucis et tracas d'ordre existentiels, un sympathique Christian Surfer (il existe une petite colonie de surfers chrétiens à la Run), plein de compassion envers son prochain vint me proposer sa planche. Malheureusement, ladite planche relevant plus du tronc d'arbre que des thrusters que j'affectionne, je déclinai poliment son auguste et charitable proposition.
S'ensuit un débat théologique passionné, lui me vantant les bienfaits de l'amour de Jésus, moi tentant de le persuader des vertus de l'agnostisme et des méfaits du dogme religieux, manifestement sans succès (c'est un peu comme tenter de convaincre un maoïste d'adopter l'économie de marché).
A l'appui de sa thèse, il me conta les circonstances proprement divines ayant présidé à sa tardive conversion. Il avait en effet frôlé la mort plusieurs fois en trip et chaque fois une âme charitable lui était venu en secours, alors qu'il croyait sa fin venue. Prenant du recul sur ces faits "miraculeux", il en déduisit qu'il devait sa vie à la miséricorde divine. Depuis, sa vie n'était qu'amour de jésus, il était heureux, et désireux de partager sa révélation avec ses frères surfistes. Pourquoi pas, mais quand même.
What is the rapport avec la choucroute?
En effet, cher et peut-être unique lecteur, tu dois te demander quel est le rapport entre Jésus, la miséricorde Divine et...les planches de série en sandwich?!
J'y viens camarade. Bref, la conversation quoique fort courtoise, commençait à tourner en rond et je sentais le désespoir m'envahir à nouveau quand, soudainement, un messie providentiel vint conforter la position de Christian (c'est son prénom, ça ne s'invente pas). Le messie en question n'était autre qu'un pote surfiste que je n'avais pas vu depuis longtemps cause surftrip, qui vint nous saluer, Christian et ouam, avec une superbe petite Tufflite rouge sous le bras...et, contre toute attente (le surfiste n'est en général pas prêteur surtout avec sa planche à 800 euros!), eût la gentillesse de me la prêter. Alelluia, Jah no dead, allah akbar, Vichnou est mon ami, Jésus est reviendu, etcaetera! Non seulement je trouvais là une fort belle occasion d'échapper à notre conversation mystique, mais encore j'allais pouvoir ripper l'ondulation avec une de ces planches en sandwich que je n'avais jamais eu l'occasion d'essayer!!! Jésus est tout de même relativement grand, je te le concède, ô ami surfer chrétien.
Cut back to nos moutons : banc d'essai de la touffelight
Bon, c'est vrai l'introduction de mon sujet est un peu longue et alambiquée mais entièrement véridique. Tant bien est-il que j'ai pu remarquer, concernant cette jolie petite planche rouge les choses suivantes :
1. Mini riquiqui mais qui flotte sacrément bien.
2. deux coups de rame et c'est parti.
3. la planche va à une vitesse proprement hallucinante ce qui n'est pas nécessairement un avantage sur une vague de reef parfaite, question de rythme.
3. la planche vire très voire trop bien, j'avais donc un peu l'impression de surfer sur des oeufs (durs).
4. la planche fait un drôle de bruit et a tendance à s'envoler dans le clapot.
5. elle ne perd pas de vitesse dans les cut back mais ne pardonne pas les mauvais dosages.
6.elle coûte un bras mais elle est vraiment joulie.
Conclusion : à mon avis il faut un temps d'adaptation pour les appuis, surfer plus fléchi que d'habitude à cause de la vitesse et de la manoeuvrabilité extrême (et peut-etre des dérives un peu plus raides que des fcs en polycarbonate pour le drive dans les conditions solides)...
Je recommande ce type de planche pour les petites conditions glassy où la réactivité de la board est importante mais je dirais bof dans le clapot et les vagues solides, où la souplesse du clark pardonne plus. En effet ces planches ultra-légères sont également ultra-raides avec les avantages et inconvénients que cela suppose.
Pour finir, il existe un compromis entre le clark (et autres pains de mousse polyuréthane classiques) et ces planches de série. L'atelier "Ultimate pro", qui sponsorise notamment l'excellent adrien RAPP, installé à l'étang salé (à la Réunion) propose des planches sandwichs disposant d'une souplesse comparable aux planches classiques, avec l'avantage du sur-mesure. Attention, toutes ces planches sandwichs flottant plus que les planches traditionnelles, revoyez vos côtes à la baisse (par exemple si vous surfez habituellement une 6'3", une 6' fera l'affaire).
Pour finir tordons le cou à une idée reçue dans le microcosme surf : cette technologie n'est pas nouvelle, tout comme les dérives amovibles; en effet, la technologie sandwich et la stratification sous-vide ont été littéralement pompées du windsurf. Ainsi, ex-windeu, j'avais au début des 90's un superbe custom de vagues "Epluchures Beach"(du shaper légendaire de Marseille, Claude Campo) en sandwich et j'avais comme beaucoup pu constater à peu près les mêmes avantages/inconvénients que ceux décrits plus haut à propos de la tufflite et du clark.
Sur ce les amis, je vous invite à tester toutes ces nouveautés vous-même, car une planche c'est comme une femme (ou un homme au choix), il n'ya pas de vérité seulement des sensations.
A plus et bon surf!
C'est moi qui l'est faite !!! Enfin presque, big up à Hugo de sft industrie pour son aide, ses outils, pétards et précieux conseils. N'hésitez pas à aller voir son site : sft.com (il est le génial inventeur d'un système de dérives amovible
révolutionnaire :check this out)
PS : il existe un inconvénient non négligeable aux planches en sandwichs et plus généralement en époxy : en cas de pet elles boivent l'eau et se délaminent rapidement : gare, surtout en trip.
De plus, certaines de ces planches étant creuses, si vous les casser en 2, vous avez intérêt à défaire votre leash si les conditions sont solides. En effet, on "oublie" dans la presse spécialisée (sponsorisée?) de dire qu'en cas de bris, votre planche ou ce qu'il en reste jouera le rôle non plus de bouée de sauvetage mais d'ancre!!!Pour ces raisons les planches creuses sont à proscrire dans le gros surf.
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Voilà l'état de votre blogmunster après seulement une semaine d'abstinence. Apprenti-surfistes réfléchissez à deux fois avant de céder à la tentation du riding!!!
Une fois dépendant, des effets indésirables et parfois même pervers peuvent se manifester. Vous pourrez, comme ouam, ruiner votre avenir professionnel, avoir la conversation aussi variée que celle d'un invertébré, vous casser le corps de partout, prendre l'eau de toute part, avoir des pieds palmés (pour les bodyboardistes) etc...
En outre sachez choisir une femmelle très compréhensive (ou en latex). Les autres ne supporterons pas longtemps votre lubie et vos crises d'épilepsie au moment de déjeuner avec la belle-mère alors que le spot est en feu.
L'option femelle surfeuse peut aussi s'avérer périlleuse. Je développerais ce point dans un prochain article.
En tout état de cause, surfer est un acte grave aux conséquences souvent minorées. Regardez cette photo et faites preuve de compassion. Ce n'est pas drôle.
Alors le surf vous fait-il toujours autant rêver???
PRELUDE
Tu viens de t'alléger d'un bon paquet d'euros (ou autre) dans l'agence de voyage du coin pour aller tâter du barrel, si possible tropical. Sans être nécessairement le champion du monde de ton spot, tu as acquis suffisamment d'expérience dans le surfing pour avoir le niveau de chevaucher à peu près n'importe quel break in da world -exception faite des vagues mutantes genre Zebox ou Tchopo-!
LE CONSTAT
Tu contemples médusé le spot. L'eau elle est bleue et l'air il est chaud. Ca te change de la Bretagne (ou du Nord pas de Calais). Il déroule devant tes yeux cernés des barriques translucides. Tu portes ton plus beau boardshort que t'as acheté en affaire avec ton pote qui connaît le représentant Grouicsilvère de ton quartier. Ceci est ta première erreur.
Loin de moi l'idée de blâmer ton désir légitime de porter ce nouveau short de surfing que tu possèdes depuis 1 an et avec lequel tu n'as jamais surfé, mais le but de la manoeuvre est de passer incognito. Or, sache que le port de boardshort neuf ne se pratique en zone tropicale que quand on est sponsorisé ou...en vacances.
SCENE 1
Un des grands drames de la vie, c'est cette tendance qu'ont les surfers à ne pas aimer les gens en vacances sur leur spot habituel. Donc il ne faut pas avoir l'air de débarquer. Il faut se pré-pa-rer : un minimum de bronzage( fais des UV s'il le faut), PAS DE CASQUE, un boardshort crédible (par exemple si tu dois surfer un spot à sec sur le corail fais qu'il soit un minimum éraflé), ne cries pas de joie, prends même l'air blasé sous ta barbe de trois jours. Comme ça personne ne te regardera.
Attention si tu arrives en voiture de loc, ne te gares pas à la place des locaux. Il est aisé de déterminer l'endroit où se garent les locaux :c'est le meilleur endroit pour checker le spot sans sortir du QUAT-QUAT.
SCENE 2
Après t'etre correctement mais discrétement (pour les mongoliens ça fait blaireau de s'échauffer) chauffé et étiré, tu t'apprêtes à mouiller ton board short neuf que tu auras préalablement sali et usé (par exemple tu peux le faire traîner par terre et faire des rockslides sur un muret). Ca fout les boules hein? Qu'importe, tu viens de suivre de loin un gars qui semble du coin pour mater la mise à l'eau, et tu vas goûter le Saint Graal. Tu réprimes un début d'érection.
Tu te jettes sur ta planche et fais péter le 1er coup de rame. Woaw, la mer est transparente et il existe des poissons vivants! Ne souris toujours pas (ou bien mets- toi sous l'eau et fais style que tu fais quelques apnées, tu pourras ainsi hurler ton bonheur ). Evidemment, tu as assez de cerveau pour ne pas contourner tout le monde et aller direct au pet. Attends ton tour mais contourne les femmes, les enfants et ceux qui pourraient être en vacances comme toi. Sauf si l'on te parle, n'adresse la parole à personne et surtout ne commences pas à te mettre à dire bonjour à tous les gus que tu croises! Seuls les gens en vacances sourient et disent bonjour, et tu ne dois pas laisser transparaître ta qualité d'étranger ! En effet, sache que le local est blasé et que c'est la moindre des choses pour lui de pouvoir surfer tous les jours en short des vagues parfaites. N'en fais pas trop tout de même.
SCENE 3
Ca y est ,celle-là elle pour toi. au moment où tu te retournes et commence à ramer pour t'élancer, tu découvres beaucoup trop de choses en un instant : il n'y a pas d'eau, tu n'as pas surfé depuis deux mois et surtout toute l'épaule te regarde en priant pour que tu chutes. Ne paniques pas. Penses aux moines Shaolin. IL NE FAUT PAS QUE TU REFUSES. IL NE FAUT PAS QUE TU TOMBES. Sinon c'en est fini de toi.
Heureusement, tu as réussi ce premier drop et tu t'élances dans le curl bleu, les coraux multicolore défilent sous ta planche, tu dois encore réprimer un début d'érection (décidément le surf est une affaire assez sexuelle). Mes conseils se limitant aujourd'hui à l'attitude idoine à adopter en spot worldclass tropical bondé, pas de remarques sur le surfing proprement dit aujourd'hui sauf :
---sois sobre dans ton style, ne grabbe pas ta planche alors que ça ne tube pas, bref pas de pose inutile...
---ne fais surtout pas YYIIIIIIIIIIIII ou YAhAAAAA à la première gerbe d'eau envoyée dans les airs.
---surfe la vague jusqu'au bout et ne fais pas trop le chicken à accelérer comme un dératé dès qu'une section tend un peu.
SCENE 4
YOU WIN!!! Tu as ridé ta pemière vague avec succès, tu as même fais une petite casquette et un cutback. Personne ne t'as démasqué.NE SOURIS TOUJOURS PAS.
A+++

